Nostalgie

Je suis installée dehors, seule, entourée d’arbres et du vibrato des cigales qui chantent la chaleur qui s’installe peu à peu en ce début de journée. Une brise délicate ride la surface lisse du lac qui me fait face, déformant le reflet à l’envers de la verdure qui l’entoure. Je suis bien. Comme chaque fois que j’ose arrêter le temps en me posant, ce qui arrive bien trop peu souvent, il se produit quelque chose de merveilleux : mon cœur se gonfle, la paix m’envahie, des souvenirs heureux remontent. Je réapprends à me connaître. Aujourd’hui, je me souviens le chalet gris et rouge de St-Jean-Port-Joli.

Je me souviens les réveils au son des vagues du Fleuve et du vent dans les arbres.

Je me souviens les matins frisquets, pieds nus sur les planches glaciales de la galerie grise, le craquement des berçantes sur le bois vieilli et l’odeur du café que prenait les adultes mal réveillés dans le silence matinal.

Je me souviens les marches jusqu’au Rocher, la marée montante, les goélands gourmands.

Je me souviens le vent qui soufflait, me semble-t-il, toujours plus fort qu’ailleurs, et les orages impressionnants foudroyant le Fleuve en colère.

Je me souviens les galettes blanches dérobées, les coquillages minuscules et les verres de mer colorés collectionnés dans un Tupperware rose choisi avec soin dans l’armoire basse de grand-maman.

Je me souviens l’odeur de soufre de l’eau de la salle de bain, mêlée à celle, piquante et masculine, du savon bleu de grand-papa.

Je me souviens les feux sur la grève et les draps rêches des petits lits de la chambre bleue où je m’endormais au son des voix des adultes qui refaisaient le monde en jouant aux cartes.

Je me souviens l’odeur de pain grillé, qui me réveillait parfois au beau milieu de la nuit, petit en-cas des couche-tard éternisant la soirée.

Je me souviens les pieds sales lavés à l’eau froide du boyau d’arrosage, les fous rires avec les cousins, les fraises des champs ramassées dans un contenant de crème glacée, les confitures maison et les cretons de grand-maman, la soupe toujours trop poivrée de grand-papa.

Je me souviens que, là-bas, la vie était toujours belle.

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Sans loupe ni télescope

_Être heureux ne signifie pas que tout est parfait. Ce;la signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections._

Nous voulons tous tellement être heureux. C’est même devenu une mode. Dans un sens, c’est une bonne chose : tout le monde a le droit de se sentir bien et de chercher le moyen d’y parvenir et de le rester. D’un autre côté, quand être heureux devient un objectif, le risque est grand de tomber dans l’exécution, dans l’égrainage de sa to-do list du bonheur, et de s’y perdre en même temps que que l’on perd son sourire et sa joie de vivre.

Je vois tant de gens chercher… et j’avoue ne pas y échapper moi-même, parfois. J’oublie de juste regarder autour de moi, sans loupe, ni télescope. J’oublie de constater comme je suis confortable dans mon lit, au moment où je me couche, épuisée. J’oublie de ressentir ce sourire qui se dessine sur mes lèvres au moment où je me perds dans l’écriture ou le dessin. Pas besoin de chercher : tout est là pour qui le décide !

Frédéric Lenoir explique dans ses ouvrages que le bonheur est la capacité à ne plus être soumis aux événements extérieurs, à être capable de rester serein, peu importe les événements, en sachant que tout passe, le beau et le bon, comme le moins beau et le moins bon. Il explique également que la joie, plus concrète que le bonheur et plus intense que le plaisir, invite à embrasser pleinement la vie, à vivre ses plaisirs avec passion, tout en sachant que la vie est faite de hauts et de bas. Je crois que ces deux réalités, en superposition, sont à la source même du fait d’être heureux : reconnaître que la vie nous malmène parfois, qu’elle est parsemée d’épreuves, parfois difficiles à surmonter, d’erreurs difficiles à assumer, mais aussi de moments de joie, intenses et étourdissants, et de petits plaisirs, qui mettent du baumes au quotidien sur notre cœur. Être heureux, selon moi, c’est savoir trouver l’équilibre entre le détachement qu’il faut pour rester serein et l’engagement nécessaire pour croquer la vie et ses surprises à belles dents. Le secret ne serait donc pas de chercher, mais de suivre la vague en tâchant d’adoucir un peu la houle.

Pas besoin de loupe, ni de télescope. Pas besoin de chercher. Soyez heureux et voguez allègrement !

Le bonheur, c’est…

Quand tu as cuisiné toute la semaine, que tu as fait de bons repas pour ta famille, conduit un enfant ici, cherché un autre là, que tu es fatiguée, et que ton amoureux te téléphone du travail et de demande : Ça te dirait d’aller manger au resto avec les enfants ce soir ?

❤️

Quand j’ai dit oui…

Il y a 14 ans aujourd’hui, je me pavanais en robe blanche. Parfaitement heureuse et sereine, naïvement inconsciente du degré de nervosité des miens, je souriais à tout vent, sûre de moi, pour une fois.

J’ai le privilège inouï de ressentir la même assurance tant d’années plus tard, et le bonheur immense de me savoir aimée encore davantage qu’en ce jour mémorable où je m’enfonçais dans ma crinoline comme dans un muffin en dansant sur Twist’n Shout et Dancing Queen, et que j’avais besoin de trois personnes pour tenir ma robe quand je devais aller au petit coin.

Quand j’ai dit oui, je l’ai fait de tout mon cœur… et le cœur se trompe rarement. Bien qu’on ne puisse jamais savoir ce que l’avenir nous réserve, avoir la certitude d’un amour sincère, profond et partagé donne la force nécessaire pour affronter les aléas de notre humanité et les épreuves qui font partie de la vie. Je me sens bénie de pouvoir compter sur mon Merveilleux Mari pour faire la route avec moi.

Correspondance

Les mots m’émeuvent et me fascinent depuis très longtemps. Petite, je les chantais, sans égard pour la justesse de ma voix (toutes mes excuses à mes pauvres parents !). J’aimais aussi me les faire réciter sous forme d’histoires farfelues par mon père et de mélodies d’autrefois par ma mère (de qui je n’ai malheureusement pas hérité ce talent). Adolescente, je les lisais voracement dans tous les livres qui me tombaient sous la main et les déversais par torrents et avec tout autant de passion dans les pages de mon journal. C’est aussi à cette époque pleine de bouleversements, où les textos n’existaient pas encore, que j’ai découvert les joies de la correspondance. Lettres mélancoliques et curieuses à mes amies laissées derrière après un ou deux déménagements, lettres interminables à des amis proches, qui partageaient avec moi cet amour de l’écriture et les chamboulements de l’adolescence, lettres enflammées adressées à des amoureux en devenir ou à éconduire…

Il y a quelque chose d’intime dans l’acte d’écrire à la main. Le rédacteur s’expose, sa calligraphie le révèle. C’est un acte d’humilité. Dans une correspondance, un lien ténu, mais solide, se tisse d’une lettre à l’autre, au fil des confidences et à cause de cette vulnérabilité qui impose le respect mutuel. J’aime cette vulnérabilité et j’aime cette franchise et ce respect qu’elle engendre. J’aime penser à la personne à qui j’écris, m’y consacrer avec application et y mettre le temps qu’il faut pour que ma lettre soit jolie, personnelle et réfléchie. C’est un échange. Un cadeau qu’on offre, puis qu’on reçoit. C’est si rare, aujourd’hui, dans notre monde en 140 caractères (bien pratiques, mais si peu romantiques !).

Je corresponds toujours, donc, pour mon plus grand plaisir. Je jongle avec les mots sur le papier, à l’ancienne et à l’encre colorée, puis soupire en postant ma lettre, imaginant le bonheur de ma correspondante lorsqu’elle la découvrira. Je savoure l’attente de la réponse et m’emballe, surprise et souriante comme si c’était Noël, à chaque lettre que m’apporte le courrier. N’est-ce pas fabuleux ? N’est-ce pas là un bonheur simple ?

Hélas, correspondre en 2018 n’est pas très courant ni très populaire. Le plus difficile a donc été pour moi de trouver quelqu’un qui éprouvait le même désire que moi de vivre cette expérience d’attente, de révélation, de surprise et de don de soi. La perle rare existait pourtant et s’est mise sur ma route juste au bon moment. Lettres après lettres, je la découvre et m’ouvre. Notre amitié tissée de mots manuscrits grandit et ça me met le cœur en fête. Je vous souhaite sincèrement de découvrir le même bonheur. ♥

Accrocher une guirlande

Gonfler des ballons.

Choisir les fleurs.

Imaginer le menu.

Cuisiner le gâteau préféré.

Épingler des sourires.

Garder le secret.

Préparer une surprise.

Savoir que l’on fera vraiment plaisir.

Se réjouir de l’émotion à venir.

Aimer profondément.

 

 

 

 

Se mettre le cœur en joie

Êtes-vous débordés vous aussi ?

Chez nous, le printemps est toujours très intense. Entre la grosse saison qui commence au travail, les voyages d’affaire de Merveilleux Mari, les cours des enfants, les rendez-vous, les spectacles de fin d’année, les galas et les anniversaires (c’est fou ce qu’il y en a entre avril et juillet !), j’ai à peine le temps de dire ouf.

Je survis, je dirais. Mais je survis heureuse, parce que je me mets le cœur en joie. Chaque jour.

Parfois, je choisis mes boucle d’oreille de chat, ça réconforte.

Parfois, je me concocte le meilleur petit déjeuner aux framboises de la vie, et je fais des jaloux !

Parfois, je porte une robe-soleil pour un rendez-vous et je me mets une fleur dans les cheveux, ça fait sourire à tous les coups.

Parfois, je dessine des cœurs et des étoiles pour m’évader.

Parfois, je prends le temps de prendre une longue inspiration chargée de l’odeur de l’été qui s’annonce, ce qui me calme et m’apaise immanquablement.

Et puis, tous les matins avant de sortir du lit et chaque soir en me couchant, je m’arrête quelques secondes pour dire merci sincèrement pour tous les petits et grands plaisirs qui ensoleillent ma vie et pour me rappeler combien je suis merveilleuse et bénie.

Je me mets le cœur en joie, un petit geste à la fois. Le faites-vous aussi ?

(Et ne vous en faites pas, le rush achève et l’été s’en vient !!!)

Samedi matin

J’ai sorti ma tasse en céramique artisanale. Celle à la rondeur inégale, qui contient beaucoup. J’ai mis le chandail de mon amoureux et mes joggings. En mou du bout des orteils jusqu’aux manches trop longues.

L’esprit agréablement embrumé, la paupière paresseuse, je savoure l’indolence insolente de ce samedi matin. Je suis bien.

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